CARDIOBLOG

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La mise sur le marché du RIMONABAN (ACOMPLIA°) destiné à traiter l'obésité relance les indications du traitement de l'obésité. Les contre indications de l'ACOMPLIA sont une chose (risque suicidaire sur terrain prédisposé), les non indications en sont une autre.
Le Laboratoire SANOFI se contente d'exclure les moins de 18 ans, les syndromes dépressifs et les insuffisance hépatique et cible le surpoids à un IMV>27kg/m, et bien entendu l'obésité à un IMC>30kg/m2 .
Outre le fait que le risque n'est vraiment corrélé qu'à la graisse viscérale, déterminée au mieux par le rapport taille/hanche (voir ici), il existe des cas où il faut s'abstenir de faire maigrir les patients. Ce sont:
• L'insuffisance cardiaque.
•Après un infarctus du myocarde
• Les personnes âgées.
Il y a donc un renversement d'attitude à avoir entre la prévention et la maladie constituée.
Dans l'insuffisance cardiaque, la mortalité toutes cause confondue évolue linéairement de façon inverse à l'IMC jusqu'à des valeurs élevées d'IMC (35)
Dans l'étude DIGITALIS, (7767 patients en IC), les risques relatifs par rapport au patient de poids normal (risque 1), sont respectivement de 0,88 pour le patient obèse, 0,81 pour les patients en surpoids, 1,21 pour les patients de faible IMC.
De nombreuses études confirment ces données dans l'insuffisance cardiaque (plus de 30 000 patients): SOLVD, V-HeFT II, Elite II, Copernicus, DIG, CIBIS II, COMET, CHARM, Val-HeFT,
et dans l'IDM OPTIMAAL, CONSENSUS II, 4S où la perte de poids ressort comme facteur indépendant de mortalité, tandis que le gain de poids n'affecte pas le pronostic.
Ces données ont été rappelées à Vienne à l'ESC 2007 par le Dr Stephen ANKER qui explique:
« l'obésité constitue en soi une réserve d'énergie. Mais surtout, les lipides protègent contre l'inflammation …
Les lipoprotéines ont un rôle de piégeage (scavenger) des endotoxines circulantes.»
Pour autant, les études n'ont montré que des corrélations entre la mortalité et l'obésité constituée qui semble améliorer le pronostic. Aucune étude n'a étudié les effets d'une obésité provoquée…
Quand à l'amaigrissement, tous les résultats épidémiologiques montrent que c'est le véritable signal d'alarme. Mais il peut jouer à la fois comme cause et comme simple marqueur, ce que d'autres études devront définir.
Selon le Pr Guillaume Jondeau (Hôpital Bichat) le phénomène n'est pas spécifique aux maladies cardiovasculaires et a également été constatée chez:
•Les personnes âgées,
•Les patients dialysés,
•Les cancéreux,
•Les sidéens,
•Dans le contexte des maladies pulmonaires obstructives chronique
•Dans la polyarthrite rhumatoïde.
En conclusion, il faut traiter les obèses pendant qu'il est encore temps, c'est à dire avant qu'ils ne soient vraiment malades. Ensuite, c'est sans doute trop tard.
Dans mon expérience, je dois dire que c'est le domaine où l'échec est la règle.
Est-il vraiment possible de faire changer sa culture alimentaire à un adulte devenu obèse? Si on n'est pas assez motivé pour le faire à 20 ans, peut-on le devenir après 30 ans?
Les fumeurs arrêtent parfois après l'infarctus. Pour les obèses, c'est trop tard et inutile!
Note: (15 mars 2008)
La FDA n'a pas autorisé la mise sur le marché américain de l'ACOMPLIA . (C'est pourtant pas les obèses qui leur manque!)
Sources:
✴Anker S. Congrès de la Société Européenne de Cardiologie, septembre 2007, Vienne, Autriche
Quand il ne faut pas traiter l'obésité
vendredi 25 janvier 2008