

Auteurs : Heart Prevention Study Collaborative Group
Titre : MRC/BHF Heart Prevention Study of cholesterol lowering with simvastatin in 20 536 high-risk individuals: a randomised placebo-controlled trial
Référence : Lancet 2002;360:7-22
Maladies : Coronaropathie, artériopathie périphérique et diabète.
Objectif : Les statines ont largement montré leur bénéfice en prévention primaire ou secondaire chez des patients ayant une hypercholestérolémie. Le but d'HPS était d'aller plus loin, c'est à dire de démontrer que la simvastatine apporte un bénéfice supplémentaire chez des patients à haut risque cardiovasculaire et ce, quel que soit le taux de LDL de base.
Description de l'étude : Etude multicentrique anglaise, en double aveugle, randomisée contre placebo. Critères principaux : décès de toutes causes, décès d'origine coronarienne et décès d'autres causes. Critères secondaires : décès spécifiquement non coronariens, événements coronariens majeurs (IDM non fatals ou décès coronariens) et AVC fatals ou non.
Suivi : 5 ans.
Patients : 20 536 patients (15 454 hommes, 5 082 femmes), âgés de 40 à 80 ans et considérés comme à haut risque de décès cardiovasculaire à 5 ans, en raison (i) d'une coronaropathie (antécédent de syndrome coronaire aigu, de revascularisation coronaire), (ii) d'une artériopathie périphérique (claudication intermittente ou antécédent d'AVC, AIT ou d'endartériectomie carotidienne), (iii) d'un diabète de type 1 ou 2, ou (iv) d'une HTA traitée chez un homme âgé d'au moins 65 ans. Le cholestérol total devait être >= 1,35 g/l, sans limite supérieure, les patients nécessitant obligatoirement un traitement par statines n'étant pas randomisés.
Traitements au cours de l’étude : Simvastatine 40 mg/j (n = 10 269) et placebo (n = 10 267). A noter qu'une 2e randomisation avait été faite entre anti-oxydants (vitamine E 600 mg/j, vitamine C 250 mg/j et
Résultats : Les patients étaient bien à haut risque : 41 % avaient un antécédent d'IDM, 24 % un autre antécédent coronaire, 22 % une artériopathie périphérique et 19 % un diabète, seuls 1 % ayant été inclus en raison d'une HTA isolée.A 5 ans, il y a eu très peu de perdus de vue (37 (0,4 %) dans le bras simvastatine et 30 (0,3 %) dans le bras placebo), ce qui est remarquable.Biologiquement, la simvastatine a significativement modifié le profil lipidique avec une différence de -1 mmol/l pour le LDL (p = 0,02), de -1,2 mmol/l pour le cholestérol total (p = 0,02) et de +0,03 mmol/l pour le HDL (p = 0,01) par rapport au placebo. La mortalité totale a été significativement moindre sous simvastatine (1 328 soit 12,9 %) que sous placebo (1 507 soit 14,7 %, p = 0,0003). Surtout, cette différence s'explique par les moindres taux de décès coronariens (5,7 % sous simvastatine par rapport à 6,9 % sous placebo, p = 0,0005) et cardiovasculaires (7,6 % sous simvastatine par rapport à 9,1 % sous placebo, p < 0,0001). Parallèlement, les taux de décès non cardiovasculaires (d'origine néoplasique, respiratoire ou autre) ont été comparables dans les 2 groupes, respectivement 5,3 et 5,6 % sous simvastatine et placebo (p = 0,4). Parmi les critères secondaires, la simvastatine a diminué l'incidence des IDM de 38 % (p < 0,0001), des événements cardiovasculaires majeurs de 24 % (p < 0,0001), de nécessité de revascularisation coronaire de 24 % (p < 0,0001) et des AVC fatals ou non de 25 % (p < 0,0001).
Conclusions : Chez des patients à haut risque cardiovasculaire à 5 ans, l'ajout de simvastatine 40 mg diminue le risque d'événement coronarien ou vasculaire et ce, quel que soit le taux de cholestérol initial. En effet, en traitant 1 000 patients pendant 5 ans avec 40 mg de simvastatine, on évite 70 à 100 événements cardiovasculaires majeurs.
ETUDE HPS Simvastatine 40
samedi 20 octobre 2007