La grande idée de l’Europe, c’est de grouper dans un même ensemble civilisationnel des états qui hier se livraient des guerres fratricides alors qu’il partageaient la même civilisation, les mêmes valeurs et la même histoire. Le seul objectif qui vaille dans la construction de l’Europe, c’est d’assurer la paix dans un espace géographique déterminé, entre des pays ayant une unité de civilisation, des traditions compatibles, des aspirations communes, une histoire qui les rapproche.
Tous les autres arguments ne sont recevables que dans la mesure où ils participent à renforcer les chances de la paix qu’ils soient de nature économique, stratégique, politique, historique, géographique, idéologique, culturelle, religieuse ou morale.
Modifier aussi profondément l’ordre spontané créé par l’histoire, passer outre la barrière du langage, est un challenge inédit dont il ne faudrait pas sous-estimer les difficultés et les risques. Le seul précédent est peut-être la Tour de Babel, dont on sait qu’elle finit mal !
Dans cette entreprise dont le défit est immense, tout le monde voit bien que l’adhésion de la Turquie soulève un problème différent des autres candidats :
• Je passe rapidement sur la géographie qui montre que non seulement la Turquie est pour 90% en Asie, mais qu’elle se continue culturellement avec l’Azerbaïdjan et avec quatre autres républiques turcophones d’Asie, qui s’étendent jusqu’aux confins de la chine et dont les populations ont toutes facilités pour devenir, demain, citoyens turcs.
• Je passe rapidement sur l’histoire, qui enseigne que l’Europe a eu deux millénaires d’aventures communes dont une bonne partie, (à partir du VII ieme siècle), à lutter contre l’empire Ottoman, qui par deux fois au moins a mis en péril l’existence même de sa civilisation.
Il y seulement 80 ans que Mustafa Kemal Atatürk a voulu rompre avec l’empire Ottoman multinational pour faire de la Turquie un état républicain et laïc à l’occidentale, ce qu’il croyait indispensable à sa modernisation. Mais pour aussi radicales qu’aient été les mesures prises, (suppression du califat et des tribunaux religieux, fermeture des écoles et universités religieuses, remplacement des caractères arabes par des caractères romains, interdiction du Fez), elles n’eurent jamais que la faveur des élites pro-occidentales et durent être menée avec l’appuie efficace des militaires.
• Mais au bout du compte, la seule question fondamentale qu’il convient de se poser est la suivante : Est-ce que ce pays de près de 70 millions d’habitants, à 99% musulman, à la natalité très dynamique, (100 millions d’âmes dans une génération !), serait un facteur de paix ou de conflits dans une Europe vieillissante, culturellement différente, dont les taux de natalité ne permettent même plus, très souvent, le simple renouvellement de sa population !
On ne peut pas balayer d’un mot de mépris les références culturelles ou religieuses sous prétexte qu’elles ne sont plus, chez nous, politiquement correctes, et au non d’un dogmatisme intellectuel qui prétend dicter ce qui est bien ou ne l’est pas ! Il faut prendre le monde comme il est et les peuples comme ils sont. Qu’on le veuille ou non, qu’on soit croyant ou non, la religion a toujours été le liant le plus fort de l’inconscient culturel des peuples.
De tels rapprochements communautaires (entre chrétien et musulmans) ont dégénéré en drames partout où il se sont produits : Au Liban, au Kosovo sans parler de l’actualité au Nigéria où l’intolérance musulmane a dégénéré en massacre pour une histoire de miss !
La France, qui avait assimilé en une seule génération les immigrés Italiens et Portugais des années 30, ne parvient pas à intégrer ses 6 millions de citoyens d’origine africaine et de culture musulmane qui après deux ou trois générations restent communautarisés et surdélinquants.
Il faut ouvrir les yeux : L’Europe s’efforce d’accueillir et d’intégrer des hommes de toutes cultures sans distinction de race ni de religion et c’est très bien. Mais lui imposer un ensemble aussi vaste, aussi homogène, aussi différent, que l’est la Turquie, c’est remettre en question sa culture et son identité : aucun peuple ne l’a jamais accepté sans combattre : C’est une guerre civile assurée ! Les hommes politiques feraient bien d’y réfléchir à deux fois avant de déclencher un nouvel holocauste qui ne les épargnerait pas !
Réponse à une intervention dans le Forum:
Vous ne pouvez pas dire que nous sommes anti-musulmans ni anti Turcs : Il y a plus de musulmans dans chacun des départements français que de Chrétiens dans toute la Turquie !
Certes, l’histoire de France et d’Europe a construit sa culture sur les traditions judéo-Chrétiennes, mais aussi sur son héritage Gréco-Romain et surtout elle a fait son auto critique intellectuelle à partir du siècle des lumières. La religion n’est plus chez nous qu’un choix individuel qui ne doit pas interférer avec les affaires publiques. Pour beaucoup, la religion reste une façon de penser, de se comporter, la source de nos valeurs et une accumulation de bons principes, mais le dogme « révélé » est de plus en plus contesté. Il est historique, mais a généré trop d’intolérance. Toutes les religions sont représentées, mais beaucoup de Français ne se réclament d’aucune. Un nombre de plus en plus grand d’intellectuels considèrent que tous les dogmes sont des impostures, religions comprises. Les savants juifs eux-mêmes remettent en questions les révélations de la bible quand leurs études archéologiques démontrent l’anachronisme de ses récits.
Voilà monsieur, ce qu’est en Europe la liberté, la pluralité, la tolérance et la démocratie.
Vous êtes bien mal placés pour nous traiter d’intolérance, de sectarisme ou de xénophobie, vous qui êtes à près de 99% musulmans ! On sait dans les démocraties que ce pourcentage n’est pas compatible avec la liberté ! On ne le trouve que dans les états totalitaires, du type référendum organisé par Sadam Hussein ou quelque despote africain. Que je sache, il y avait des grecs Orthodoxes en Anatolie, des Arméniens, des Juifs, des Chrétiens, que sont-ils devenus ? Ils ont préféré fuir ou ont été massacrés !
Ce n’est pas pour autant que les Européens sont anti-Turcs ni anti-Musulmans. Les uns et les autres sont accueillis plutôt bien et ont ici plus de liberté que chez eux.
Mais l’immigration des musulmans pose néanmoins un problème. Ils s’assimilent plutôt plus mal que d’autres et constituent des ghettos communautaires au lieu de chercher à s’intégrer à nos états républicains.
Or si nous voulons que notre civilisation reste elle-même, telle que nous l’aimons, telle qu’elle fait envie au monde, il ne faudrait pas qu’elle devienne ni musulmane ni schizophrène. Or c’est ce qui arriverait si on ouvrait nos frontières aux 100 millions de musulmans que vous serez dans 25 ans.

