Les causes biologiques du chômage
Les causes biologiques du chômage



Préambule:
Le mot « biologique » que j’emploie ici à dessein, a un sens plus large que dans son acceptation courante : La biologie est la science qui étudie le vivant. On considère en général qu’elle étend son étude jusqu’à l’homme pour ce qui est de sa physiologie. Mais pour ce qui touche à son intelligence, à sa culture et à son organisation sociale, l’étude est reléguée dans une gamme de disciplines dites des sciences humaines qui vont de la psychologie à la sociologie et qui ont en commun de partir de présuppositions philosophiques arbitraires sur la nature de l’Homme d’où émanent des théories complexes et « non falsifiables » au sens où Popper définissait ainsi les fausses sciences.
Je pars de l’idée que la société humaine n’est pas une construction politique décidée par un groupe d’hommes, mais un organisme vivant plus complexe dont l’homme n’est qu’une cellule qui n’a pas d’existence possible en dehors du groupe auquel elle appartient.
Il n’est pas possible de déduire les lois qui régissent ce nouvel organisme à partir des propriétés des cellules qui le constituent, de même qu’il n’est pas possible de comprendre la physiologie humaine à partir des propriétés de nos cellules. Quand un ensemble complexe se constitue, il apparaît des propriétés émergentes qui sont sans relation apparente avec celles de ses constituants, lesquels, cependant, en sont les déterminants.
Les lois qui régissent cet organisme-là sont donc bien à mon sens des lois biologiques, qui incluent, bien entendu, la physiologie humaine, mais ne s’y limitent pas.
Sous cette perspective, j’analyse le mécanisme du chômage dont on sait qu’il constitue un formidable défit pour les sociétés avancées qui se complexifient sans cesse.
Je démontre que cette complexité répond à une loi de croissance exponentielle dont je montre le mécanisme et dont j’essaie d’évaluer la vitesse.
J’explique que ce mécanisme est une propriété inhérente aux sociétés humaines qui accumulent le savoir et que ce caractère n’est pas dépendant d’une quelconque volonté humaine, notamment politique.
Je constate que les possibilités humaines de s’adapter à un milieu de plus en plus complexe sont globalement limitées par la génétique et que le chômage résulte de ce que la complexité des sociétés actuelles atteint ou dépasse cette limite.
J’en déduis que le phénomène n’en est qu’à ses débuts et que nos sociétés sont vouées à une explosion certaine et rapide si elles ne prennent pas conscience du danger et ne peuvent trouver de solution.
Je conclus que le chômage ne peut pas trouver de solution dans la politique classique, mais qu’il constitue bien un défi scientifique posé à l’Humanité, plus important encore que le sont la recherche des énergies du futur ou la protection de l’environnement.
J’exprime ma conviction personnelle que l’Homme devra rapidement choisir entre le réalisme scientifique nécessaire à sa simple survie et la conservation des dogmes sur lesquels il a construit sa société et qui menacent de l’anéantir.
Il n’est pas un point de mon raisonnement qui ne puisse être compris par un « honnête homme » au sens où l’entendait Montaigne, c’est-à-dire doté d’une culture générale suffisante et d’une large ouverture d’esprit.
J’ai été obligé d’appuyer mon raisonnement sur quelques considérations mathématiques simples, mais je donne toujours une explication non mathématique que les spécialistes jugeront superflue mais dont les profanes pourront éventuellement se suffire.
Il en est ainsi de l’incontournable courbe de Gauss que connaissent bien les statisticiens, mais dont il n’est pas besoin de connaître la formulation mathématique pour en comprendre les propriétés. Il suffit de regarder les graphiques pour suivre les explications que je me suis efforcé de rendre aussi claires que possible. Les résultats numériques que je donne ne sont là que pour fixer les idées et toute personne quelque peu initiée aux mathématiques pourra facilement les vérifier. Je ne les mentionne qu’en fin d’exposé en espérant que le début sera suffisamment convaincant pour inciter le lecteur à essayer de comprendre les courbes et à pousser sa lecture jusqu’à la conclusion.