critique de l’opération de batista
Docteur Yvon GOUEL

critique de l’opération de batista
Docteur Yvon GOUEL

L’évaluation des résultats
Compte tenu du petit nombre actuel de patients opérés, il faut mettre en balance la lourde mortalité opératoire et l'incertitude qu'on peut avoir sur l'espérance de vie des malades en classe 4 de la NY HA avec les traitement médicaux actuels.
Concernant l'évaluation des résultats hémodynamiques post opératoires, je voudrais stigmatiser la grossière erreur qui consisterait à présenter l'amélioration de la fraction d'éjection comme une amélioration de la performance myocardique dans ce cas particulier : Il ne s'agit pas de la fraction de la même chose et on ne peut donc comparer la fraction d'éjection avant et après!
Tout le monde comprendra que si une fraction d'éjection est de 20% sur un volume télé diastolique VG de 2 litres, la même éjection systolique donnera une fraction d'éjection de 40% quand le VG ne fera plus qu'un litre, sans qu'il n'y ait la moindre amélioration de l'hémodynamique.
A un moindre degré, il en va de même du raccourcissement des fibres dont le rôle n'est pas de se contracter sur un VG vide, mais de fournir une énergie mécanique significative à l'ondée sanguine.
Ces quelques remarques expliquent amplement "la discordance fréquente avec les paramètres hémodynamiques (I.C.)" signalée par les auteurs. Les fractions habituellement acceptés pour mesurer les performances cardiaques n'ont ici aucune valeur dès lors qu'on a modifié la masse cardiaque et les dimensions du VG de référence.
La fonction la plus fiable pour parler d'une amélioration hémodynamique serait le volume éjectionnel, qu'on peut appréhender indirectement, par exemple en divisant le débit cardiaque par la fréquence. Mais nous savons bien que le débit cardiaque et même le volume systolique, s'il traduisent bien la perfusion de l'organisme, ne témoignent pas obligatoirement de la bonne santé du myocarde : Tout le circuit cardio-vasculaire participe au débit et au volume systolique et un management expert des précharges et des postcharges comme on en trouve dans les bonnes équipes de réanimation conditionne ces paramètres tout autant que les performances purement cardiaques. C'est dire la difficulté d'attribuer une amélioration hémodynamique voire clinique à une telle intervention.
Je soulignerai enfin la difficulté de comparer la survie effective à l'espérance de vie initialement accréditée : J'ai dans ma clientèle quelques patients qui ne vont pas si mal et à qui on avait promis la mort imminente il y a quelques année….